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Les mille et un rĂŽles du bureau de gestion de projets – PMO

En synthĂšse :

  • Le bureau de gestion de projets est une fonction fondamentalement polyvalente, et qui tend donc Ă  Ă©chapper aux tentatives de dĂ©finition.
  • Cette difficultĂ© s’explique notamment par l’Ă©volution significative de la mission du PMO au cours des derniĂšres dĂ©cennies, ainsi que par le nĂ©cessaire ancrage du rĂŽle du PMO dans une organisation et un contexte spĂ©cifiques.
  • Bien que les PMO d’aujourd’hui puissent jouer tout un Ă©ventail de rĂŽles diffĂ©rents, on retrouve un certain nombre de constantes dans les responsabilitĂ©s endossĂ©es par nombre d’entre eux, et notamment l’optimisation des mĂ©thodes, le renforcement de la collaboration et la matĂ©rialisation des orientations stratĂ©giques.
  • La nature Ă©volutive du PMO complique encore la dĂ©finition prĂ©cise de son rĂŽle — mais c’est aussi ce qui fonde toute la valeur d’un bureau de gestion de projets.

 

Si vous lisez ces lignes, c’est probablement que vous vous intĂ©ressez Ă  la gestion de projets ou de portefeuilles de projets, Ă  la transformation organisationnelle ou Ă  la conduite du changement. AprĂšs tout, il y a peu de chances que ce soit une recherche Google du type « meilleure recette de chili vĂ©gĂ©tarien » qui vous ait conduit sur cette page (si toutefois c’Ă©tait le cas, n’hĂ©sitez surtout pas Ă  contacter notre responsable rĂ©fĂ©rencement !)

Que vous soyez simplement intĂ©ressĂ© par l’univers de la gestion de projets ou qu’il s’agisse de votre profession, il est normal de s’interroger sur le rĂŽle des bureaux de gestion de projets. Les vĂ©tĂ©rans de la gestion de projets, les experts PPM et les bureaux de gestion de projets eux-mĂȘmes ont encore du mal Ă  s’entendre sur une dĂ©finition consensuelle du bureau de gestion de projets. Peut-ĂȘtre parce que les PMO peuvent jouer un tel Ă©ventail de rĂŽles divers que la fonction Ă©chappe Ă  la caractĂ©risation. Essayons tout de mĂȘme de cerner les multiples rĂŽles que joue le PMO.

Pour le Project Management Institute, référence incontournable en matiÚre de PPM, le bureau de gestion de projets se définit comme « une entité managériale qui standardise les méthodes de gouvernance liées aux projets et facilite le partage des ressources, des méthodologies, des outils et des techniques ».

WikipĂ©dia fait Ă©cho Ă  cette dĂ©finition du PMO tout en la dĂ©veloppant : « Le PMO se prĂ©sente comme une partie de l’organisation qui centralise tout ou partie du pilotage et du support au management des projets, des programmes, et des portefeuilles de projets d’une entreprise. Son objectif est de faire progresser les capacitĂ©s de rĂ©ussite des projets par l’amĂ©lioration de leurs pilotage, des mĂ©thodes et procĂ©dures, et des ressources et compĂ©tences nĂ©cessaires. »

Pour le glossaire de Gartner, « Un bureau de gestion de projets est gĂ©nĂ©ralement créé pour rĂ©soudre un problĂšme spĂ©cifique : typiquement, l’incapacitĂ© de l’organisation informatique Ă  livrer les projets informatiques dans les dĂ©lais, le budget et le pĂ©rimĂštre impartis. » Ici, l’accent est mis sur la rĂ©solution de problĂšmes et l’optimisation des activitĂ©s. Cette dĂ©finition positionne Ă©galement le PMO plus prĂšs de la sphĂšre des technologies de l’information.

Quant aux experts Eric John Darling et Stephen Jonathan Whitty (2016), ils offrent encore une autre approche : « La forme et l’utilisation de la structure que nous appelons aujourd’hui PMO ont Ă©voluĂ© et se sont adaptĂ©es au fil du temps. Le PMO a rĂ©cemment Ă©voluĂ© pour devenir un rĂ©fĂ©rentiel centralisant l’ensemble des outils et mĂ©thodologies pour ce travail non opĂ©rationnel ». En plus de souligner la position centrale et le rĂŽle centralisateur du PMO, ils prennent ainsi acte du caractĂšre Ă©volutif du PMO.

Ce qui est, peut-ĂȘtre, la meilleure approche pour comprendre la nature, les objectifs et les rĂŽles du bureau de gestion de projets.

GenÚse et développement du bureau de gestion de projets

Avec l’essor des mĂ©thodes de gestion scientifique au dĂ©but du 20e siĂšcle, la croissance du nombre et de la complexitĂ© des projets menĂ©s par les entreprises a conduit Ă  la crĂ©ation d’une fonction dĂ©diĂ©e au suivi et Ă  la coordination de la gestion de projets. Selon Darling & Whitty (2016), la premiĂšre occurrence connue du terme de bureau de gestion de projets remonte Ă  la fin des annĂ©es 1930, suite Ă  quoi la fonction a rĂ©ellement commencĂ© Ă  prendre sa forme et sa portĂ©e actuelles dans les annĂ©es 1950.

À l’Ă©poque, le PMO Ă©tait essentiellement responsable de la rĂ©alisation des projets dans le respect des dĂ©lais, du budget et du pĂ©rimĂštre fixĂ©s. Il s’attachait donc Ă  traiter les problĂ©matiques quotidiennes liĂ©es Ă  la gestion opĂ©rationnelle et budgĂ©taire des projets, en s’impliquant directement dans les opĂ©rations, et avec une approche plus administrative qu’entrepreneuriale. Les PMO Ă©taient chargĂ©s d’injecter cohĂ©rence et reproductibilitĂ© dans la gestion des activitĂ©s liĂ©es aux projets en dĂ©finissant et en faisant appliquer des procĂ©dures unifiĂ©es.

Les annĂ©es 1980 et l’essor de l’informatique ont donnĂ© un nouvel Ă©lan Ă  la fonction de PMO, qui s’est imposĂ©e dans de nouveaux secteurs. La publication du premier Project Management Body of Knowledge (PMBOK) par le PMI en 1996 a contribuĂ© Ă  installer la gestion de projets comme une discipline Ă  part entiĂšre, renforçant ainsi le rayonnement du PMO. Les organisations de par le monde ayant compris la nĂ©cessitĂ© d’amĂ©liorer la coordination et la gestion de projets toujours plus nombreux et plus complexes, divers types de PMO ont Ă©tĂ© créés pour rĂ©pondre Ă  diffĂ©rents types de dĂ©fis et de problĂšmes. Ce foisonnement de PMO localisĂ©s et ancrĂ©s dans un contexte spĂ©cifique nous a amenĂ©s lĂ  oĂč nous en sommes aujourd’hui : le terme « PMO » est utilisĂ© dans d’innombrables contextes diffĂ©rents et recouvre des responsabilitĂ©s, des activitĂ©s et des positionnements variĂ©s.

Les avatars contemporains du PMO

Dans un contexte d’incertitude de volatilitĂ© accrues sur les marchĂ©s, dans un monde marquĂ© par de profondes Ă©volutions sociĂ©tales, et surtout avec la rĂ©volution numĂ©rique, l’on a observĂ© une certaine convergence dans les responsabilitĂ©s assumĂ©es par les PMO – toutes zones gĂ©ographiques et tous secteurs d’activitĂ© confondus.

Bien que chaque PMO reste unique, bien que la fonction reste incroyablement diversifiĂ©e, les rĂŽles de la plupart des PMO ont Ă©voluĂ© dans la mĂȘme direction, troquant le contrĂŽle pour la facilitation, l’exĂ©cution pour la stratĂ©gie et l’innovation, la mĂ©thode pour une flexibilitĂ© ancrĂ©e dans la donnĂ©e, l’orthodoxie budgĂ©taire pour la crĂ©ation de valeur.

Les PMO « Ă©voluĂ©s » d’aujourd’hui s’attachent gĂ©nĂ©ralement Ă  des problĂ©matiques de cohĂ©rence stratĂ©gique, d’optimisation des investissements, de gestion des talents, de prise de risques calculĂ©s, de soutien Ă  l’innovation et Ă  la collaboration, de synergies inter-organisationnelles, d’exploitation de donnĂ©es enrichies et d’outils intelligents, et bien plus encore.

Le PMO a donc opĂ©rĂ© un rĂ©el saut qualitatif et a considĂ©rablement Ă©largi ses horizons. Ce qui explique la diversitĂ© encore accrue des PMO d’aujourd’hui. Selon le secteur d’activitĂ© et la configuration de son organisation, selon les dĂ©fis et les opportunitĂ©s spĂ©cifiques auxquels elle est confrontĂ©e, un PMO peut avoir des objectifs trĂšs diffĂ©rents. Certains sont créés pour rĂ©soudre des problĂšmes spĂ©cifiques et remĂ©dier Ă  des inerties ciblĂ©es. Certains ont pour mission de prĂ©parer l’entreprise Ă  relever les dĂ©fis de demain, notamment en accĂ©lĂ©rant l’innovation et la transformation numĂ©rique. D’autres ont pour raison d’ĂȘtre d’optimiser la valeur financiĂšre. La liste est sans fin.

Nous avons Ă©tabli que, avec la diversitĂ© des bureaux de gestion de projets de par le monde, le PMO ne se prĂȘte pas volontiers Ă  une dĂ©finition univoque et exhaustive. Pourtant, la plupart des PMO partagent des responsabilitĂ©s communes. En voici quelques-unes.

Suivi des activités

Bien qu’il se soit Ă©loignĂ© du contrĂŽle et de la supervision pour adopter une position plus facilitatrice, le PMO reste en charge de la standardisation et du suivi des mĂ©thodes, du moins dans une certaine mesure. Les PMO Ă©laborent gĂ©nĂ©ralement des systĂšmes de procĂ©dures et de mĂ©thodologies destinĂ©es Ă  harmoniser la gestion des activitĂ©s projets Ă  l’échelle de l’entreprise. Ces directives communes couvrent gĂ©nĂ©ralement tout le cycle de vie des projets, de l’idĂ©e initiale Ă  la livraison. Le cadre mĂ©thodologique Ă©tabli par le PMO comprend Ă©galement des bonnes pratiques et des indicateurs standard. Il peut ĂȘtre formalisĂ© en une charte de projet officielle, partagĂ©e avec les diffĂ©rents services et branches de l’entreprise.

L’objectif de cet effort d’harmonisation est d’amĂ©liorer la cohĂ©rence entre les projets et de les rendre comparables. Et, en dĂ©finitive, d’amĂ©liorer les rĂ©sultats globaux de l’activitĂ© projets. C’est pourquoi le PMO doit Ă©galement s’assurer que la mĂ©thodologie et les bonnes pratiques sont rĂ©ellement appliquĂ©es. En tant que garant de la mĂ©thode, le bureau de gestion de projets supervise le cycle d’exĂ©cution pour s’assurer que les projets respectent les dĂ©lais, le budget et le pĂ©rimĂštre dĂ©finis, tout en veillant Ă  ce que les attentes des parties prenantes primaires et secondaires soient satisfaites. Cela implique de contrĂŽler et de faire appliquer les politiques, mais aussi d’accompagner les chefs de projet et les autres catĂ©gories de collaborateurs pouvant ĂȘtre impliquĂ©s dans les projets. La capacitĂ© Ă  combiner efficacement supervision et responsabilisation des Ă©quipes est de plus en plus importante Ă  l’heure oĂč un nombre croissant d’entreprises et d’organisations se tournent vers des mĂ©thodes de type Agile, qui mettent l’accent sur l’autonomie et la rĂ©activitĂ© des Ă©quipes.

Gestion des données et des outils au sein du bureau de gestion de projets

À l’Ăšre du numĂ©rique, les donnĂ©es sont devenues LA ressource clĂ© pour les bureaux de gestion de projets. La capacitĂ© Ă  recueillir et Ă  manipuler efficacement de vastes masses de donnĂ©es est aujourd’hui un facteur dĂ©terminant pour la rĂ©ussite d’un PMO. Par consĂ©quent, la sĂ©lection et le dĂ©ploiement de puissants outils pour exploiter les donnĂ©es sont d’une importance vitale pour les PMO.

Non seulement les outils contemporains de gestion de portefeuilles de projets consolident les informations relatives aux projets et automatisent les tĂąches rĂ©pĂ©titives, mais ce type de logiciel spĂ©cialisĂ© offre Ă©galement toute une batterie de fonctionnalitĂ©s intelligentes permettant de faire parler les donnĂ©es. Les plateformes de gestion de portefeuilles de projets offrent des fonctionnalitĂ©s de modĂ©lisation de la valeur et des risques, de simulation de scĂ©narios, d’optimisation dynamique des portefeuilles et de l’allocation des ressources, etc. Le principal dĂ©fi pour les bureaux de gestion de projets est de s’assurer que l’outil de PPM qu’ils sĂ©lectionnent et dĂ©ploient est adaptĂ© aux dĂ©fis et aux exigences spĂ©cifiques de l’organisation.

Car les outils de gestion de portefeuilles de projets sont comme les PMO : il n’y a pas de panacĂ©e !

Amélioration de la collaboration

Une autre des caractĂ©ristiques de l’Ă©poque actuelle est l’importance croissante de la collaboration. Les systĂšmes numĂ©riques connectent tout, toutes et tous Ă  l’échelle de la planĂšte. Les organisations capables de dĂ©tecter et d’exploiter les opportunitĂ©s de synergie sont celles qui remporteront la mise. Les entreprises les plus efficaces et les plus performantes font tomber les cloisons entre Ă©quipes, entre services et entre fonctions. Elles encouragent la co-construction, le partage des compĂ©tences, l’inter-fertilisation des idĂ©es ou encore les hybridations innovantes.

C’est pourquoi les bureaux de gestion de projets s’efforcent eux aussi de promouvoir les interactions et la collaboration. À cette fin, les PMO mettent en Ɠuvre et veillent Ă  la bonne adoption d’outils de collaboration devant permettre une communication fluide et instantanĂ©e entre les Ă©quipes, quelle que soit leur situation gĂ©ographique. Ils peuvent Ă©galement mettre en place des programmes de formation, d’apprentissage ou de renforcement de l’esprit d’Ă©quipe afin d’affiner les compĂ©tences relationnelles des employĂ©s. Ils peuvent encourager la diversitĂ© et l’inclusion, promouvoir une culture de la confiance et du dialogue constructif, ou encore veiller Ă  la qualitĂ© de l’environnement de travail pour amĂ©liorer le quotidien des employĂ©s et stimuler leur crĂ©ativitĂ©.

Cet effort va de pair avec le rĂŽle d’harmonisation des mĂ©thodes et des pratiques que joue par ailleurs le PMO. Tandis que l’application de procĂ©dures communes permet de renforcer la cohĂ©sion et la cohĂ©rence de maniĂšre descendante, la diffusion d’une culture et d’une vision communes par le biais de l’intensification des interactions est une maniĂšre ascendante de resserrer les liens Ă  l’Ă©chelle de l’organisation – tout en ouvrant la porte Ă  la sĂ©rendipitĂ© et Ă  l’innovation.

Gestion stratégique de portefeuilles

Les professionnels impliquĂ©s dans les activitĂ©s liĂ©es aux projets doivent toujours Ă  l’esprit l’objectif final : maximiser la valeur et les bĂ©nĂ©fices pour l’organisation. Mais qu’est-ce que la « valeur » ? Il s’agit certes d’un concept financier, et le retour sur investissement est un aspect dĂ©terminant. Mais cette dĂ©finition universelle ne tient pas compte de la dimension subjective de la valeur. Ce qui a de la valeur pour moi n’en a peut-ĂȘtre pas autant Ă  vos yeux. De mĂȘme, un industriel taĂŻwanais spĂ©cialisĂ© dans les technologies de pointe et une chaĂźne de restaurants du Midwest amĂ©ricain ne partagent pas forcĂ©ment la mĂȘme dĂ©finition de la valeur. Ils utiliseront tous deux les mĂȘmes indicateurs financiers (ROI, NPV, etc.), mais il est peu probable qu’ils aient les mĂȘmes objectifs et les mĂȘmes stratĂ©gies. Pour l’une de ces entreprises, le principal levier de croissance peut par exemple ĂȘtre l’expansion internationale et l’optimisation des investissements en R&D, tandis que l’autre pourrait par exemple se concentrer sur la fidĂ©lisation de la clientĂšle et l’amĂ©lioration de l’image de marque.

Suivant cette logique, les bureaux de gestion de projets participent activement Ă  la rĂ©alisation de la stratĂ©gie de leur organisation en constituant des portefeuilles de projets pertinents et en les optimisant de maniĂšre stratĂ©gique. La gestion d’ensembles de projets connexes sous la forme de portefeuilles permet de gagner en efficacitĂ©. Plus important encore, cela clarifie l’objectif et la raison d’ĂȘtre des projets. La gestion de portefeuilles de projets rend apparents les objectifs stratĂ©giques justifiant les projets, favorisant ainsi la cohĂ©rence et permettant de canaliser les efforts de tous grĂące Ă  une vision partagĂ©e des ambitions.

Le rĂŽle du PMO dans la gestion et l’optimisation des portefeuilles de projets est donc essentiel. Les bureaux de gestion de projets aident Ă  construire des portefeuilles solides et diversifiĂ©s en tenant compte des interdĂ©pendances entre les projets (par exemple les ressources partagĂ©es) et de leurs profils de risque respectifs. Ils Ă©laborent une stratĂ©gie de sĂ©lection des projets en dĂ©ployant des mĂ©thodes conçues pour aider Ă  prioriser les projets en phase avec la stratĂ©gie. Ils suivent et optimisent Ă©galement la composition des portefeuilles dans la durĂ©e afin de maximiser leurs chances d’atteindre les objectifs stratĂ©giques.

Lorsque nous avons retracĂ© l’Ă©volution du PMO, nous n’avons pas mentionnĂ© une caractĂ©ristique clĂ© des PMO contemporains : ils font constamment Ă©voluer leur rĂŽle et leur position dans l’organisation. Le PMO est devenu une fonction intrinsĂšquement Ă©volutive, conçue pour aider les organisations Ă  piloter le cap de leurs activitĂ©s dans des conditions de marchĂ© de plus en plus instables.

Les PMO dĂ©marrent gĂ©nĂ©ralement sous la forme d’une petite structure et Ă©largissent progressivement le champ de leurs activitĂ©s et de leurs responsabilitĂ©s. Par exemple, un PMO peut commencer en tant que bureau des projets, essentiellement chargĂ© de superviser l’exĂ©cution. Il peut ensuite Ă©voluer pour prendre la forme d’un PMO « sommaire » axĂ© sur le dĂ©veloppement de mĂ©thodologies standard et reproductibles. Puis se dĂ©velopper et se sophistiquer pour mettre l’accent sur la mise en place d’un environnement de travail cohĂ©sif et intĂ©grĂ©. Enfin, il peut se transformer en un « centre d’excellence » axĂ© sur la rĂ©alisation de la stratĂ©gie.

Mais les Ă©tapes et jalons de la maturation et de l’Ă©volution des bureaux de gestion de projets peuvent Ă©galement ĂȘtre moins « prĂ©visibles » et linĂ©aires, et impliquer des changements de direction ou des sauts qualitatifs.

LĂ  encore, tout dĂ©pend des exigences et des opportunitĂ©s spĂ©cifiques auxquelles l’organisation est confrontĂ©e et de son contexte particulier. Ce qui importe est que, pour rester pertinent et utile, un bureau de gestion de projets doit se rĂ©inventer en permanence.

Nous nous sommes ici efforcĂ©s de dĂ©finir les rĂŽles clĂ©s du PMO. Si nous avons couvert un certain nombre de sujets, nous avons laissĂ© de cĂŽtĂ© de nombreux autres aspects de l’action du PMO, par exemple la gestion des ressources et des budget, le dĂ©veloppement des compĂ©tences, la gestion de programmes, la sĂ©curitĂ© des donnĂ©es et la conformitĂ© rĂ©glementaire, la gestion des produits… Hobbs & Aubry (2010) ont identifiĂ© pas moins de 27 fonctions distinctes pour le PMO. Une dĂ©cennie plus tard, il est Ă  parier que de nombreuses autres ont eu le temps de voir le jour. En somme, le PMO endosse tellement de rĂŽles qu’il est condamnĂ© par la loi des probabilitĂ©s Ă  se voir dĂ©cerner un Oscar !

Du point de vue d’un dĂ©cideur d’entreprise, cette polyvalence du PMO a une implication importante : votre PMO peut ĂȘtre et faire tout ce dont vous avez besoin. Votre PMO est votre joker. Et il pourrait bien vous faire gagner la partie.

 

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BenoĂźt Boitard

BenoĂźt has multiple professional experiences, working in particular as a digital strategy consultant, both in emerging start-ups and in large companies. These diverse experiences have imbued him with a global vision of project management in traditional and agile working environments.